Biologie de l'hépatite C

BILAN HEPATIQUE

Il comprend :

  • aminotransférases (ou transaminases) : ALAT (SGPT) et ASAT (SGOT)
  • phosphatases alcalines, GGT, bilirubinémie
  • TP

ATTENTION à la normalité des transaminases !

Elle n’exclut pas une infection virale C (l’ARN du VHC est alors détectable par PCR qualitative)

Elle peut n’être que passagère (il faut 6 dosages mensuels avant de parler d’hépatite C à transaminases normales). Dans cette situation il s’agit habituellement d’une forme peu évolutive et il est recommandé de ne pas faire de biopsie hépatique (PBH), de ne pas traiter et de continuer la surveillance biologique.

HEMOGRAMME (NFS-plaquettes)

SEROLOGIES

Sérologie virale C

Les anticorps anti-VHC sont détectés par des techniques immuno-enzymatiques (ELISA) de 3ème génération. Ces techniques sont très sensibles et très spécifiques.

Il faut en principes 2 sérologies avec des tests différents.

La sérologie se positive 4 à 1O semaines après la contamination.

ATTENTION à la négativité d’une sérologie C
Il s’agit parfois :

  • d’un retard d’apparition des anticorps : faire une PCR
  • d’un sujet immunodéprimé (VIH, dialyse)

Dans ce cas, faire une PCR

Autres sérologies

Il est de bonne clinique de prescrire aussi :

  • sérologie VIH
  • sérologie VHB : Ag HBs, anti-HBc, anti-HBs
  • sérologie VHA : recherche d’anticorps totaux.

En l’absence d’immunisation B ou A, on pourrait proposer une vaccination.

TESTS VIROLOGIQUES

On distingue 3 ordres de tests : les tests qualitatifs, quantitatifs et la détermination du génotype viral.

La PCR qualitative est utile au médecin généraliste pour savoir si son patient est infecté ou non.

La virémie quantitative et le génotype (principalement) ont surtout un intérêt dans le bilan pré-thérapeutique : prévision des chances de guérison et de la durée nécessaire du traitement.

Tests qualitatifs

Recherche de l’ARN du VHC par PCR.

La PCR (polymerase chain reaction) est un test d’amplification génomique. Sa sensibilité est supérieure à celle des tests quantitatifs usuels: 100 copies/ml ou 50 UI/ml. Elle est particulièrement utile dans les circonstances suivantes :

  1. affirmer l’absence d’infection persistante, en cas de sérologie positive associée à des transaminases normales (environ 20% des hépatites C guérissent spontanément, un peu plus en cas d’hépatite ictérique qui reste peu fréquente).
  2. affirmer une infection aiguë (avant l’apparition des anticorps)
  3. affirmer une infection virale C lorsqu’il existe plusieurs causes d’augmentation des transaminases (surpoids, alcool…)
  4. affirmer une infection chez un sujet immunodéprimé (co-infection VHC-VIH : possibilité de « fausse sérologie C négative »)
  5. affirmer l’efficacité d’un traitement.

Tests quantitatifs

La charge virale

Les tests quantitatifs ont été surtout utilisés au moment de la bithérapie « classique » (IFN standard+ ribavirine). En effet, les résultats dépendaient du génotype et de la charge virale. Le «pire» était l’association d’un génotype 1 et d’une virémie élevée. Avec la bithérapie pegylée, c’est le génotype qui est le facteur prédictif primordial.

Il existe plusieurs types de tests, notamment la PCR quantitative et un test dit d’ADN branché (bDNA).

On dispose maintenant d’unités internationales (UI). On admettait qu’une charge virale > 2 millions de copies/ml (plus de 800 000 UI/ml) était élevée. Plus récemment la barre d’une virémie élevée a été augmentée par certains auteurs : > 3 millions de copies/ml (technique NGI) soit 1,300 000 UI/ml.


Génotype viral

Il existe 6 génotypes. On peut les déterminer par génotypage (biologie moléculaire) ou sérotypage.

Leur détermination est importante au plan thérapeutique car :

  • Durée du traitement plus courte en cas de génotype 2 ou 3 (6 mois).
  • Résultatsmeilleurs en cas de génotype 2 ou 3 : environ 80% d’éradication virale prolongée après 24 semaines de traitement.

C’est le génotype 1 qui est le plus difficile à éradiquer : environ 50% d’éradication virale prolongée après 48 semaines de traitement.