Manisfestations de l'hépatite C

MANIFESTATIONS HEPATIQUES

Hépatite aiguë

Elle est habituellement asymptomatique (80%) et se révèle par une augmentation des transaminases (ALAT)

Les formes symptomatiques (20%) peuvent comprendre un ictère, une asthénie, en général 2 à 12 semaines après le contage.

Forme ictérique : rare mais guérison une fois sur deux

En cas d’ictère les chances de guérison spontanées sont plus élevées : de l’ordre de 50%, c’est pourquoi on se donne un peu de temps, dans cette situation, avant de débuter un traitement anti-viral

Hépatite chronique

Le passage vers la chronicité s’observe dans environ 80% des cas.

Il est un peu moins fréquent en cas de forme ictérique (environ 50% des cas).

L’hépatite chronique C est le plus souvent asymptomatique ou marquée par de l’asthénie, voire des manifestations extra-hépatiques (voir ci-dessous)

Cirrhose

Environ 20% des infections virales C chroniques se compliquent de cirrhose, au bout de 10 à 30 ans en moyenne.

Le temps d’apparition d’une éventuelle cirrhose est fonction de l’existence ou non de facteurs aggravants : âge « élevé » à la contamination (après 40 ou 50 ans), sexe masculin, consommation d’alcool (à partir de 30 à 50 g/j), co-infection (VIH ou VHB), peut-être aussi le surpoids (cause connue de stéatose voire de stéato-hépatite non alcoolique [NASH des anglo-saxons]).­ La vitesse de progression de la fibrose est donc variable d’un individu à l’autre (voire encadré ci-dessous)

Ce sont les complications de la cirrhose qui font la gravité potentielle de cette infection.


Concept important : la vitesse de progression de la fibrose

Fibrose, définition

La fibrose est le dépôt d’une matrice extra-cellulaire qui désorganise l’architecture normale du foie et entrave la circulation hépatique, surtout au stade ultime de son évolution : la cirrhose. Il existe un processus de fibrogenèse mais aussi de fibrolyse : la fibrose peut régresser grâce au traitement anti-viral, surtout en cas d’éradication virale prolongée.

Scores histologiques

Il existe plusieurs scores histologiques. Les plus connus sont le score de Knodell et le score Métavir. Ce dernier est plus précis pour l’évaluation de la fibrose. Celle-ci est alors classée en 4 stades :

  • F1 (fibrose portale)
  • F2 (début de fibrose en pont, d’un espace porte à l’autre)
  • F3 (fibrose en pont, extensive)
  • F4 (cirrhose)

Le traitement est surtout indiqué en cas de fibrose modérée (F2) et sévère (F3 et F4)

Vitesse de progression de la fibrose

La vitesse de progression de la fibrose est un marqueur de gravité. On peut distinguer (Pr Thierry Poynard) 3 populations de patients (qui se répartissent grossièrement à parts égales): fibroseurs lents, intermédiaires et rapides.

Les facteurs associés à la vitesse de progression de la fibrose ont été décrits plus haut.

Durée médiane entre la contamination et la cirrhose
30 ans Fibroseurs intermédiaires
< 20 ans Fibroseurs rapides
> 50 ans (ou jamais) Fibroseurs lents


MANIFESTATIONS EXTRA-HEPATIQUES

Symptômes

Les plus fréquentes sont les suivantes :

  • asthénie (50%)
  • symptômes « rhumatologiques » (25%) : arthralgies, myalgies, paresthésies, phénomène de Raynaud (devant faire chercher une cryoglobulinémie)
  • symptômes «dermatologiques » : prurit, lichen (?)
  • syndrome sec (pseudo­-Sjögren).

Manisfestations biologiques

Une cryoglobulinémie, asymptomatique le plus souvent, est fréquente (40%). Elle peut cependant être la cause d’un purpura vasculaire, d’arthrites, voire d’une atteinte rénale ou neurologique (qui en font la gravité).

La présence d’anticorps anti-muscle lisse, voire anti-LKM, n’est pas exceptionnelle.