L’HEPATITE C EN PRATIQUE

 (après la conférence de consensus de 2002)

Dr Claude EUGENE

Chef du Service de Gastroentérologie et d’Hépatologie

CHI Poissy / Saint-Germain-en-Laye (Site de Poissy)


             I.      TRANSMISSION

1)     MODALITES DE TRANSMISSION

2)     CONSEILS AUX PATIENTS

3)     QUI DEPISTER ?

4)     COMMENT DEPISTER

           II.      MANIFESTATIONS

1)    HEPATIQUES

2)    EXTRA-HEPATIQUES

        III.      BILAN BIOLOGIQUE

1)    BILAN HEPATIQUE

2)    HEMOGRAMME

3)    SEROLOGIES

4)    TESTS VIROLOGIQUES

5)    BILAN AVANT TRAITEMENT

       IV.      BIOPSIE DU FOIE

1)    GENERALITES

2)    INDICATIONS

3)    NON INDICATIONS

         V.      TRAITEMENT

1)    INDICATIONS

2)    CONTRE-INDICATIONS

3)    ANTIVIRAUX

4)    STRATEGIES THERAPEUTIQUES

       VI.      SURVEILLANCE

1)    MALADE TRAITE

2)   MALADE NON TRAITE

    VII.      CAS PARTICULIERS

1)    CO-INFECTIONS

2)    ADDICTIONS



I.    TRANSMISSION

1)         MODALITES

·  La transmission transfusionnelle a pratiquement disparu.

·   L’injection de drogue IV est le mode de contamination actuel le plus fréquent.

·  Les tatouages, le piercing, l’acupuncture, la mésothérapie peuvent être à l’origine de contamination, en cas d’usage de matériel non jetable et non correctement stérilisé

2)         CONSEILS AUX PATIENTS

·  Il n’y a pas lieu d’avoir des couverts particuliers.

·  La transmission sexuelle est rare. Elle pourrait être due à des lésions génitales associées à des MST (herpès génital…). L’usage de préservatifs pour les couples stables n’est pas nécessaire, sauf en période menstruelle ou en cas de lésions génitales.

·  Le risque de transmission mère-enfant (au moment de l’accouchement) est habituellement inférieur à 5%. Il peut être supérieur en cas de charge virale élevée, jusqu’à 20% en cas de co-infection VHC-VIH. La grossesse et l’allaitement ne sont pas contre-indiqués.

3)         QUI DEPISTER ?

Les recommandations de l’ANAES sont résumées dans l’encadré 1.

Encadré 1.                             Qui dépister ?

Risque élevé

ð                  Produits sanguins et greffes < 1992

ð                 Usage (même unique) de drogue par voie IV

ð                 Enfant né de mère séropositive

ð                 Séropositivité VIH

ð                 Hémodialysé

Risque plus faible

ð                 Partenaires sexuels de sujets VHC (+)

ð                 Entourage familial

ð                 Incarcération (actuelle ou passée)

ð                 Risque percutané : tatouage, piercing, ou mésothérapie ou acupuncture     sans matériel à usage unique et sans précaution d’hygiène suffisante

ð                 Augmentation inexpliquée des transaminases (ALAT)

ð                 Sujets originaires (ou ayant eu des soins) dans des pays de prévalence élevée (Asie du sud-est, Moyen-orient, Afrique, Amérique du sud)

4)         COMMENT DEPISTER ?

·       Il faut en principe 2 sérologies (réactifs différents).

·       Si la sérologie est positive, il faut faire une  recherche de l’ ARN du VHC par PCR qualitative, pour affirmer une infection persistante. En effet, il y a environ 20% de guérison spontanée (50% dans les formes ictériques de primo-infection). 

·       En cas d’ ALAT normales et de PCR négative, on répétera cette dernière, par prudence, avant de parler de guérison.

·       Si la PCR est positive et les transaminases normales on les répétera 6 fois à un mois d’intervalle avant de parler d’hépatite à transaminases normales.

 

II.  MANIFESTATIONS

1)  HEPATIQUES

a) PRIMO-INFECTION

·       Elle est souvent asymptomatique (80%) et se révèle par une augmentation des transaminases (ALAT)

·       Les formes symptomatiques (ictère, asthénie…) se manifestent 2 à 12 semaines après le contage. En cas d’ictère les chances de guérison sont plus élevées : environ 50% au lieu de 20%.

b)   HEPATITE CHRONIQUE ET CIRRHOSE

·       L’hépatite chronique est asymptomatique ou marquée par une asthénie et parfois une gêne de l’hypochondre droit.

·       Le temps d’apparition d’une éventuelle cirrhose (encadré 2) est fonction de l’existence de facteurs aggravants : âge « élevé » à la contamination (après 40 ou 50 ans), sexe masculin, consommation d’alcool (à partir de 30 à 50 g/j), co-infection (VIH ou virus B), peut-être aussi le surpoids.

Encadré 2.              Durée entre contamination et cirrhose

------------------------------------------------------------------------------------------
  => 30 ans          Fibroseurs intermédiaires

  => moins de 20 ans       Fibroseurs rapides

  => plus de 50 ans (ou jamais)   Fibroseurs lents

2)   MANIFESTATIONS EXTRA-HEPATIQUES

a)   CLINIQUES

   Les plus fréquentes sont les suivantes:

·       « Rhumatologiques » (25%) : arthralgies, myalgies, paresthésies, Raynaud (cryoglobulinémie ?).

·       «Dermatologiques » :  prurit,  lichen (?).

·       Syndrome sec (pseudo­-Sjögren).

b)  BIOLOGIQUES

Les plus fréquentes sont les suivantes.

·       Cryoglobulinémie (souvent asymptomatique). Elle peut entraîner purpura vasculaire, arthrites, voire une atteinte rénale  ou neurologique (qui en font la gravité).

·       Présence d’anticorps anti-muscle lisse, voire anti-LKM.

III.              BILAN BIOLOGIQUE

1)   BILAN HEPATIQUE

·       Il comprend aminotransférases (transaminases), phosphatases alcalines, GGT, bilirubinémie, taux de prothrombine (TP).

·       Il convient d’être prudent en cas de transaminases normales (encadré 3).

Encadré 3.                  Transaminase normales

--------------------------------------------------------------------------------

q       N’exclut pas une infection virale C

 (l’ARN du VHC  détectable par PCR qualitative)

q       Peut être passager

 (il faut 6 dosages mensuels).

q       Reflète habituellement une forme peu évolutive

         (pas de PBH, pas de traitement, surveiller)

2)         HEMOGRAMME

NFS-plaquettes

3)         SEROLOGIES

a) Sérologie virale C.

·       Les anticorps anti-VHC sont détectés par des techniques ELISA (3ème) génération, très sensibles et très spécifiques.

·       La sérologie se positive 4 à 1O semaines après la contamination. Il peut cependant exister des « faux-négatifs » (encadré 4).

Encadré 4.                               Sérologie C négative

------------------------------------------------------------------------------------------------

Penser aux éventualités suivantes :

q       Retard d’apparition des anticorps (primo-infection)

q       Immunosuppression (VIH, dialyse…)

Dans les 2 cas : faire une PCR (qualitative)

b) Autres sérologies

·       La réalisation des sérologies suivantes est recommandée : VIH, VHB, VHA  (anticorps totaux).

·       En l’absence d’immunisation B ou A, on peut être amené à vacciner.

4)         TESTS VIROLOGIQUES

Deux ordres de tests sont à distinguer, selon leur intérêt diagnostique  (PCR qualitative) ou thérapeutique (virémie quantitative, génotype).

 

a)                      ARN du VHC par PCR qualitative.

La réponse est binaire, infection : oui ou non. La PCR est particulièrement utile dans les circonstances indiquées dans l’encadré 5.

Encadré 5                        Intérêt de la PCR qualitative

--------------------------------------------------------------------------------

=> Absence d’infection persistante (sérologie positive et transaminases normales)

=> Infection aiguë (avant l’apparition des anticorps)

=> Affirmer l’infection virale C, lorsqu’il existe plusieurs causes d’augmentation des transaminases (surpoids, alcool…)

=> Affirmer l’infection chez un immunodéprimé (co-infection VHC-VIH : possibilité de « fausse sérologie C négative »)

=> Affirmer l’efficacité du traitement

b)     Tests quantitatifs

On dispose maintenant d’unités internationales (UI). On a admis qu’une charge virale > 2 millions de copies/ml ou plus de 800 000 UI/ml) était élevée. La barre a été augmentée par certains auteurs : > 3 millions de copies/ml (technique NGI) ou > 1,300 000  UI/ml.

c)                      Génotypes

·  Il existe six génotypes, numérotés de 1 à 6.

·  La détermination du génotype (ou du sérotype) est importante au plan thérapeutique, car il détermine les chances de guérison et durée du traitement (encadré 6)

                 

Encadré 6 :     GENOTYPES,  TRAITEMENT,  PRONOSTIC

GENOTYPE

TRAITEMENT (durée)

ERADICATION

PROLONGEE*

2 et 3

24 semaines

80% et plus

1 (et 4,5,6**)

48 semaines

environ 50%

* persistant 6 mois après l’arrêt du traitement, donc durable dans > 95% des cas

** génotypes moins bien connus

5) BILAN AVANT TRAITEMENT

Le bilan biologique de départ avant traitement est résumé dans l’encadré 6.2.


Encadré 6.2 :             BILAN PRE-THERAPEUTIQUE

                                 (le minimum avant de commencer)

 

Interféron

Ribavirine

Génotype 1

NFS-plaquettes

+++

+++

 

Transaminases

+++

+++

 

TSH

+++

   

Créatininémie

Uricémie

Bilirubinémie

+

+++

 

Béta-HCG

 

+++

 

Virémie quantitative

   

+++

IV.             BIOPSIE DU FOIE

1)   Généralités.

·  La ponction biopsie hépatique (PBH) est l’examen de référence dans le bilan décisionnel d’une hépatite chronique C. Elle permet, mieux que tout autre méthode, d’apprécier le degré de nécrose et d’inflammation (grade) et le degré de fibrose (stade). C’est surtout du degré de fibrose dont dépendent les indications thérapeutiques.

·  La PBH peut aussi contribuer à éliminer l’association d’autres causes de maladies du foie à l’hépatite C.

·  Les modalités pratiques de la PBH sont indiquées dans l’encadré 7.

Encadré 7    Biopsie hépatique : modalités pratiques

q       Voie transcostale, habituellement.

q        Voie transveineuse = cas particuliers (troubles de l’hémostase, malade dialysé…)

q       Echantillon suffisant =  > 10 mm,  > 6 espaces portes

q        Score métavir :

- activité nécrotico-inflammatoire (grade): A0 à A3

- score de fibrose (stade) : F0 (pas de fibrose) à F4 (cirrhose)

2)   Indications

·  La PBH est indispensable dans la majorité des cas, car le degré de fibrose est le paramètre essentiel du pronostic et de la décision thérapeutique.

·   Les marqueurs biologiques de fibrose pourraient constituer une alternative s’ils sont validés par les études en cours. Le plus connu est le Fibrotest* (et l’Actitest*) mis au point par le Pr Poynard (brevet AP-HP). Voir www.biopredictive.com .


3)   Non indications

La PBH est inutile dans les situations indiquées dans l’encadré 8.

Encadré 8.           Biopsie hépatique non indiquée

1) Il a déjà été décidé de traiter

- Certains cas de génotypes 2 et 3 (un traitement  de 24 semaines entraîne 80% d’éradication virale prolongée).

- Manifestations gênantes (telle une cryoglobulinémie).

- Femme jeune, qui insiste pour être « débarrassée du virus » avant de se marier et d’avoir des enfants…

2) Il a déjà été décidé de ne pas traiter

- Personne âgée, contre-indications

- Cirrhose décompensée.


V. TRAITEMENT

1)         INDICATIONS

Les indications « classiques » sont  notées dans l’encadré 9. D’autres, plus « nouvelles », sont indiquées dans la 1ère  partie de l’encadré 8.

·        Les chances d’obtenir une éradication virale prolongée (fonction du génotype) sont également à considérer (encadré 6)

·        Enfin, le bilan pré-thérapeutique doit permettre d’évaluer le rapport bénéfice / risque du traitement

Encadré 9       Indications classiques du traitement antiviral

Activité biologique

Lésions histologiques

Altération de la qualité de vie

ALT > N

Fibrose significative

F2, F3, F4

Asthénie …

2)  CONTRE-INDICATIONS

Elles sont fonction du terrain (cirrhose décompensée, âge avancé…) et des effets secondaires des anti-viraux. Elles peuvent, soit faire renoncer à tout traitement, soit obliger à une monothérapie.

a)    Contre-indications de l’IFN

Les principales sont indiquées dans l’encadré 10 :

Encadré 10                        Contre-indications de l’interféron

antécédent psychiatrique sévère (+++)

antécédent d’épilepsie ou d’atteinte du SNC 

affection cardiaque sévère

maladie auto-immune

insuffisance rénale ou hépatique sévère

troubles thyroïdiens non contrôlés

grossesse et allaitement

allergie à l’interféron

b)   Contre-indications de la ribavirine

Les principales sont indiquées dans l’encadré 11 :

Encadré 11              Contre-indications de la ribavirine

grossesse et allaitement (+++)

insuffisance rénale chronique

hémoglobinopathies (+++)

allergie à la ribavirine

antécédent cardiaque sévère

 

3)    ANTIVIRAUX

Ce sont essentiellement les interférons (IFN) et la ribavirine, plus accessoirement l’amantadine (en cours d’évaluation).

a)    Interférons

·  Le couplage de l’IFN au polytéthylène glycol (PEG) diminue la clairance de l’IFN, prolonge sa ½ vie et augmente sa concentration plasmatique. Cela permet de passer d’une injection 1 jour sur 2 à une injection par semaine et renforce l’efficacité.

·  Les différents INF sont indiqués dans l’encadré 12.

Encadré 12             interferons

Spécialité

DCI

Posologie

Remarques

Roféron©

Laroféron©

IFN alpha 2a

3 ; 4,5 ou 6 MU

x 3/sem.

PIH*

Renouvellement *

Infergen©

IFN alfacon-1

(IFN consensus)

9 µg

x 3/sem.

Idem (* et **)

Introna©

Viraferon©

IFN alpha 2b

3 MU x 3/sem.

x 3/sem.

Idem (** et **)

Viraferon-Peg©

IFN-PEG alpha 2b

1,5 µg/kg/sem

ou 0,5 à 1 µg/kg

Idem (** et **)

Pegasys©

IFN-PEG alpha 2a

180 µg/sem.

NC ***

* PIH = Prescription initiale Hospitalière ;

**  Renouvellement non restreint (PIH < 1 an + ordonnance récente du MG.)

*** Non encore commercialisé

b)   Ribavirine

·  La ribavirine (Rebetol©) est un analogue nucléosidique. Elle n’est pas utilisée en monothérapie (sauf cas particuliers) mais associée à l’IFN (bithérapie).

·  Elle est formellement contre-indiquée chez la femme enceinte (tératogène). Certaines précautions indispensables sont indiquées dans l’encadré 13.

·  La posologie est indiquée dans l’encadré 14.

·  Dispensation. La ribavirine (comme l’interféron) est soumise à une prescription  initiale hospitalière (PIH) valable 6 mois. Pendant cette période tout médecin (spécialiste ou non, hospitalier ou non) peut procéder au renouvellement. Le patient doit apporter les 2 ordonnances au pharmacien d’officine.

Encadré 13            RIBAVIRINE: PRECAUTIONS

Contraception double = homme et femme

Tests de grossesse

(test indiqué comme effectué sur ordonnance de ribavirine)

Femme

Avant de débuter

Accord de soin et contraception signé

Test grossesse (-)

 

Pendant le TT : tests mensuels

 

Après le TT : tests mensuels x 4 mois

Homme

Si partenaire enceinte : préservatif

 

Pendant le TT : tests mensuels

 

Après le TT : tests mensuels x 7 mois

 


Encadré 14              RIBAVIRINE : POSOLOGIE

POIDS (kg)

GELULES *

< 65

2 le matin,   2 le soir       (800 mg)

65-85

2 le matin,   3 le soir     (1000 mg)

> 85

3 le matin,   3 le soir     (1200 mg)

* gélules à 200 mg, à prendre au début du repas, tous les jours

                       

c)    Amantadine

Administration orale. Encore en évaluation en trithérapie chez des malades non répondeurs.

4)    STRATEGIES THERAPEUTIQUES

a)                Indications

·  L’indication dépend du rapport entre effets secondaires et bénéfice attendus du traitement, surtout en cas de génotype 1 où l’on obtient qu’environ 50% d’éradication virale prolongée au prix d’un traitement de 48 semaines. Dans cette situation l’indication est surtout posée en cas de fibrose significative (F2, F3, F4).

·  Il existe cependant d’autres circonstances, notamment en cas de génotype 2 ou 3 (plus de 80% d’éradication virale avec une bithérapie de seulement 24 semaines) où la décision peut être prise sans PBH (voir encadré 8).

b)               Traitement de référence

·  C’est une bithérapie : interféron pégylé (IFN-PEG) et ribavirine (Rebetol©).

·  La posologie est fonction du poids (sauf pour l’INF-PEG alpha 2a [Pegasys©] : 180 µg/semaine; en cours de commercialisation).

=> Ribavirine. Pour une efficacité optimale elle doit être > 10,6 mg/kg (encadré 14)

=> Interféron pegylé alpha 2b : 1,5 µg/kg/semaine (ou 1 µg ?)

·  La durée est fonction du génotype (encadré 15).

 

Encadré 15.            DUREE DU TRAITEMENT (BITHERAPIE)

GENOTYPE

DUREE

1

Virémie  3ème mois : Négative ou baisse de 2 log ?

è OUI = poursuivre 48 semaines

è NON = stop *

* sauf si fibrose extensive et activité +++ = TT entretien par l’IFN en monothérapie (si on a une efficacité biochimique [baisse des transaminases])

2 et 3

24 semaines

4,5,6

Virémie à 12 ou 24 semaines ( ?) et continuer 48 si (-)

* gélules à 200 mg, à prendre au début du repas, tous les jours

c)                    Autres schémas thérapeutiques

Il s’agit essentiellement de monothérapies (Conférence de consensus 2002). Les situations qui conduisent à prescrire une monothérapie sont de 2 ordres : traitement d’entretien ou  contre-indication de l’un des 2 traitements (voir ci-dessus). Elles sont schématisées dans l’encadré 16.

Encadré 16        Monothérapies : indications

IFN*

Ribavirine

-Traitement entretien

   (cf encadré 15)

- CI**  ribavirine

  (hémoglobinopathie…)

- Primo-infection *** ( ?)

- Dialyse

- CI**  interféron
    (cas particuliers) ( ?)

* IFN = interféron ; ** CI = contre-indication, *** hors AMM, discuté (certains proposent une bithérapie)

d)   Adaptation des doses : voir à « Surveillance ».

VI.  SURVEILLANCE

Elle diffère selon que le malade est traité ou non.

1) MALADE TRAITE

a)     Surveillance clinique

Deux éléments sont particulièrement importants : l’état cardio-vasculaire et psychique. L’apparition d’idées suicidaires conduirait à arrêter le traitement.

b)     Surveillance biologique

·  Certains examens doivent être faits mensuellement, d’autres tous les 3 mois (encadré 17)

Encadré 17      SURVEILLANCE DU TRAITEMENT

                     (En dehors de la virémie :  voir encadré 15)

MENSUELLE

TRIMESTRIELLE

NFS-plaquettes *

* Aussi à J14 le 1er mois

TSH **

** Mensuelle si antécédent thyroïdien

Transaminases

Créatininémie

Béta-HCG

Uricémie

·  Les règles de diminution de posologie restent celles connues avec la ribavirine et l’IFN standard. Cependant, en cas de neutropénie modérée notamment, certains spécialistes passent seulement de 1,5 µg/kg à 1 µg/kg/semaine.

2) MALADE NON TRAITE

·  On distingue deux situations : selon l’existence ou non d’une ponction biopsie hépatique préalable (encadré 18).

·  La question se pose de savoir si  le(s)  score(s)  de fibrose permettront un moindre recours à la PBH.

Encadré 18                    Malade non traité : surveillance

PBH* non faite

PBH* faite

ALAT ** x 6 mois

Si > N : étiologie ? PBH* ?

ALAT ** x 6 mois

PBH dans 5 ans

* PBH = ponction biopsie hépatique ; ** ALAT = aminotransférases

 

VII.  CAS PARTICULIERS

1) CO-INFECTION VIRALE

a) VHC-VIH

L’évolution vers la cirrhose est plus fréquente et plus rapide. On  distingue 2 situations, selon qu’il y a ou non immunodépression.

 è Pas d’immunodépression

Il n’y a pas d’indication au traitement anti-rétroviral, le traitement de l’infection virale C est prioritaire. S’il existe déjà un traitement du VIH, l’indication du traitement anti-VHC repose alors sur les critères histologiques classiques. Il faut se méfier des risques liés à l’association ribavirine et analogues nucléosidiques anti-VIH.

è Immunodépression

Le traitement anti-VHC n’a plus la priorité. L’immunodépression diminue l’efficacité et la tolérance du traitement anti-VHC.

c)     VHC-VHB

Cette co-infection doit toujours être recherchée (Ag HBs, anti-HBc, anti-HBs). Le risque de fibrose et de carcinome hépatocellulaire semble augmenté.

2) ADDICTION

a) Alcool

Une consommation excessive augmente la réplication virale, la vitesse de progression de la fibrose et elle diminue l’efficacité du traitement. On conseille une consommation nulle ou très limitée (< 10 g/j). Si besoin, le traitement anti-viral peut être proposé en cas d’alcoolo-dépendance, si celle-ci est prise en charge.

a)     Usage de drogue

Un traitement de substitution (voire l’usage ponctuel de drogue chez une personne stabilisée) ne contre-indique lpas le traitement antiviral. Dans ces cas, il existe des facteurs favorables et d’autres défavorables.

   - Facteurs favorables

Age jeune, durée d’infection courte, atteinte histologique minime, prévalence d’un bon génotype (génotype 3)

   - Facteurs défavorables

Alcool, co-infection VIH, troubles psychiatriques…

Références

Conférence de consensus Traitement de l’hépatite C

Conférence de consensus Traitement de l’hépatite C Gastroenterol Clin Biol 2002 ;26, Hors série II.