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Tests de connaissances Hépatite
C
Hépatite C : Examens les plus appropriés avant le
traitement ?
Une Conférence de Consensus s'est tenue à Paris en
février 2002 sur ce sujet et de nouveaux interférons
sont ou vont être disponibles en ville. Le Dr Eugène
vous propose de tester vos connaissances sur ces notions: parmi
les propositions suivantes, une seule est fausse, laquelle ? La
solution figure en bas de page.
1) Le diagnostic d'une infection due au virus de l'hépatite
C (VHC) comprend 2 étapes principales :
a) Affirmer qu'il y a eu contact avec le VHC par une sérologie
montrant la présence d'anticorps (en sachant qu'ils manquent
parfois en cas d'immunodépression).
b) Affirmer la persistance (éventuelle) de la réplication
virale par le recherche de l'ARN du VHC par une PCR (polymerase
chain reaction) qualitative.
c) Une sérologie positive (anticorps anti-VHC) doit être
confirmée, en réalisant 2 prélèvements
successifs, analysés par 2 réactifs différents.
d) Une infection virale persistante :
1. est attestée par la présence de l'ARN viral dans
le sérum (PCR qualitative) ;
2. l'absence de réplication témoigne d'une infection
guérie (20 à 25% des cas guérissent spontanément).
2) En cas de réplication virale persistante, une enquête
clinique (avant tout examen complémentaire) et un bilan décisionnel
permettent de discuter l'indication d'un éventuel traitement.
a) L'enquête clinique s'intéresse notamment aux items
suivants :
i) Age, sexe, contexte socio-familial.
ii) Date et mode présumé de la contamination.
iii) Antécédents personnels en recherchant particulièrement
les affections susceptibles d'interférer avec un éventuel
traitement antiviral : troubles neuro-psychiatriques (dépression,
épilepsie), anomalies thyroïdiennes, maladies auto-immunes
iv)Conduite addictive (drogue, alcool), ancienne ou actuelle
v) Traitement en cours (diabète, HTA, psychotropes
et statut vaccinal vis des hépatites A et B.
b) Le bilan décisionnel comporte les items indiqués
dans le tableau 1.
Tableau 1. Bilan décisionnel
1. Bilan biologique
- Hémogramme
- Bilan hépatique
2. Génotype viral
3. Charge virale
4. Comorbidité ?
- sérologie VIH
- sérologie VHB
- TSH
- créatininémie et protéinurie
- glycémie et bilan lipidique
- anticorps anti- tissus
-ferritinémie et saturation du coefficient de la transferrine.
5. Echographie
6. Biopsie du foie |
3) Le bilan hépatique comporte les items indiqués
dans le tableau 2. Deux remarques s'appliquent aux transaminases
:
a) Malgré l'absence de corrélation stricte avec les
lésions histologiques, l'augmentation des transaminases est
en faveur d'une maladie évolutive et oriente vers un traitement.
b) A l'inverse, la normalité des transaminases évoque
une maladie peu ou pas évolutive et oriente vers l'abstention
thérapeutique. Il faut cependant prendre en considération
les 2 notions importantes suivantes :
i). La normalité des transaminases doit être confirmée
par un contrôle mensuel pendant 6 mois.
ii)L'immunodépression (sida, insuffisance rénale
)
peut, s'accompagner, même en cas d'hépatopathie sévère,
de transaminases normales.
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Tableau 2. Bilan hépatique
- Transaminases
- GGT
- Phosphatases alcalines
- Bilirubinémie
- TP
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4) Le bilan viral avant traitement comprend :
i. Recherche d'une co-infection (VIH et virus de l'hépatite
B)
b) Détermination du génotype et de la charge virale.
En effet, les chances de réponse virale prolongée
(RVP), c'est à dire la persistance d'une PCR négative
6 mois après l'arrêt du traitement (ce qui équivaut
le plus souvent à une guérison de l'infection virale),
sont fortement dépendantes du génotype du VHC. On
peut ainsi faire les remarques suivantes :
i) En cas de génotype 1 (fréquent en cas d'hépatite
C post-transfusionnelle), le taux de RVP est d'environ 50%.
ii) En cas de génotype 3 (fréquent après toxicomanie
IV), le taux de RVP est de 80% et plus.
iii) En cas de génotype 1, la Conférence recommande
de faire une virémie quantitative à l'issue des 12
premières semaines. S'il n'y pas une baisse d'au moins 2
log, les chances d'éradication durable sont très faibles
et la question se pose d'arrêter le traitement, si c'est le
but souhaité.
5) Ponction biopsie hépatique (PBH): quelle est sa place
?
a) La ponction biopsie hépatique est utile dans la plupart
des cas, parce que c'est le degré de fibrose qui est le paramètre
essentiel du pronostic et de la décision thérapeutique.
b) Les marqueurs biologiques de fibrose pourraient constituer une
alternative à la PBH s'ils étaient validés
par les études en cours.
c) La PBH n'est pas indiquée, s'il n'y pas de proposition
de traitement antiviral à court terme. C'est notamment le
cas des 2 situations (opposées) suivantes :
i) Cirrhose décompensée.
ii) Transaminases (constamment) normales (et absence de co-morbidité).
d) La PBH n'est pas indispensable si la décision de traiter
est déjà prise et ne dépend pas du résultat
histologique. Ce peut être le cas dans les situations suivantes
:
i) Infection par un génotype 2 ou 3 et absence de co-morbidité
(alcool, infection VIH
). En effet, dans ce cas l'efficacité
du traitement est d'environ 80% et peut suffire à faire décider
du traitement.
ii) Co-infection VHC-VIH. C'est notamment le cas lorsque le traitement
anti-rétroviral peut être différé, situation
où la priorité est donnée au traitement anti-viral
C.
iii) Femme ayant un désir de grossesse et souhaitant écarter
le risque d'une transmission à son enfant, bien qu'il soit
faible (souvent estimé à moins de 20% en l'absence
de co-infection VIH).
iv) Cryoglobulinémie symptomatique (l'éradication
virale permettra la disparition des symptômes).
6) Quelles contre-indications (définitives ou temporaires)
faut-il rechercher ? Les examens à faire, ou avis à
prendre, sont indiqués dans le tableau 3.
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Tableau 3. Contre-indications au traitement
(examens à faire
ou avis à prendre)
- Test de grossesse
- ECG
(après 5O ans ou cardiopathie)
- Examen ophtalmologique
(si facteurs de risque, diabète
)
- Avis psychiatrique
(selon les antécédents ou le contexte)
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Réponse :
La proposition 5) d) iii) comporte une inexactitude. En effet,
le risque de transmission de l'hépatite C d'une femme enceinte
à son enfant, est généralement indiqué
comme étant inférieur à 5% et non à
20% (en l'absence de co-infection avec le VIH qui augmente la charge
virale C et le risque de transmission.
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