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Tests de connaissances Hépatite
C
Hépatite C : Comment surveiller les malades traités ?
Une Conférence de Consensus s'est tenue à Paris en
février 2002 sur ce sujet et de nouveaux interférons
sont ou vont être disponibles en ville. Le Dr Eugène
vous propose de tester vos connaissances sur ces notions: parmi
les propositions suivantes, une seule est fausse, laquelle ? La
solution figure en bas de page.
1) EFFICACITE DU TRAITEMENT
Les critères de surveillance sont cliniques, biochimiques,
virologiques et histologiques.
a) Critères cliniques :
recherche d'un ictère, d'une décompensation oedémato-ascitique
b) Critères biochimiques : un dosage des transaminases (alanine
aminotransférases [ALAT]) est effectué :
i) tous les mois pendant le traitement.
ii) tous les 2 mois pendant les 6 mois qui suivent l'arrêt
du traitement.
c) Critères virologiques. Plusieurs points sont à
envisager concernant, d'une part la PCR qualitative et d'autre part
les tests de quantification de l'ARN viral.
->Tests qualitatifs
· La réponse virologique est définie par la
disparition de l'ARN viral recherché par une technique qualitative
sensible (PCR ou équivalente), à la fin du traitement
et 6 mois après son arrêt.
· L'absence d'ARN viral 6 mois après l'arrêt
du traitement définit la réponse virale prolongée
(RVP).
· Une RVP correspond dans la très grande majorité
des cas à une guérison définitive.
· Cependant une nouvelle PCR qualitative pourra être
proposée 12 à 24 mois après la fin du traitement
pour dépister les exceptionnelles rechutes tardives.
->Tests quantitatifs
Ils doivent être envisagés en fonction du génotype.
· Génotype 1. Dans cette situation la mesure de la
charge virale à 12 semaines permet de prédire les
chances de RVP. Elles sont fortes en cas de non détection
de l'ARN du VHC ou d'une diminution d'au moins 2 log. Il est alors
recommandé de poursuivre le traitement (pour une durée
totale de 48 semaines). Dans le cas contraire, il faut toujours
arrêter le traitement.
· Génotypes 2 et 3. Deux remarques.
* La durée proposée du traitement est de 24 semaines.
* Il est suffisant de vérifier la disparition de l'ARN viral
à la fin de ce traitement (PCR qualitative
).
· Génotypes 4, 5 et 6. On manque de données
sur la valeur prédictive de la charge virale à 12
semaines et il est proposé de faire une PCR qualitative à
24 semaines et de poursuivre encore 24 semaines si elle est négative
(c'est l'attitude qui était jusqu'ici recommandée
pour le génotype 1).
d) Critères histologiques. Quelles sont les indications d'une
nouvelle ponction biopsie hépatique (PBH) ?
· La PBH n'est pas indiquée en cas de RVP (l'amélioration
histologique est habituelle).
· En cas d'échec virologique, une PBH n'est indiquée
que si elle peut contribuer à modifier la prise en charge
du malade.
· Il est possible que des tests non invasifs d'évaluation
de la fibrose soient utilisés dans l'avenir pour le suivi
des malades ; ils doivent d'abord être validés.
2) TOLERANCE DU TRAITEMENT
Les effets indésirables des traitement antiviraux sont dose-dépendants
et habituellement réversibles. Ils peuvent amener à
réduire la dose ou interrompre le traitement. Nous envisagerons
successivement les effets secondaire de l'interféron (IFN)
et de la ribavirine (RBV).
o Interféron
Les effets indésirables les plus fréquents sont indiqués
dans le tableau 1.
Tableau 1. Interféron Effets indésirables fréquents
· Syndrome pseudo-grippal
· Fatigue
· Anorexie
· Perte de poids
· Diarrhée
· Rashs cutanés
· Alopécie (modérée) |
Les effets indésirables relativement fréquents et
potentiellement sévères sont indiqués dans
le tableau 2.
Tableau 2. Interféron Effets indésirables relativement
fréquents et potentiellement graves
· Psychiatriques
· Thyroïdiens
· Hématologiques |
Les effets indésirables rares sont indiqués dans le
tableau 3.
Tableau 3. Interféron Effets indésirables rares
· Pneumopathie interstitielle
· Anomalies rétiniennes
· Atteintes dermatologiques :
- prurit
- peau séche
- aggravation d'un psoriasis |
ii) Le syndrome pseudo-grippal peut être prévenu par
une prise de paracétamol contemporaine de l'injection (il
ne faut pas dépasser 3 g/j). L'ibuprofène doit être
évité en cas de cirrhose.
iii) Les effets secondaires psychiatriques sont ceux que l'on craint
le plus. Ils vont d'une irritabilité avec instabilité
de l'humeur à la survenue d'un syndrome dépressif
sévère. La poursuite du traitement associée
à la prescription d'un antidépresseur sera discutée
au cas par cas après avis spécialisé.
iv) Des complications thyroïdiennes (hyper- ou hypo-thyroïdie
sont possibles et justifient la réalisation d'un dosage de
TSH tous les 3 mois (une fois par mois en cas d'anomalies pré-existantes).
v) Les effets hématologiques :
* surviennent souvent rapidement après le début du
traitement.
* sont plus marqués avec l'IFN pégylé (IFN-PEG)
qu'avec l'IFN standard
* justifient une surveillance de l'hémogramme (avec plaquettes)
à J15, J30, puis de façon mensuelle pendant toute
la durée du traitement.
o Ribavirine
i) La principale complication est la survenue d'une anémie
hémolytique. Cela justifie une surveillance de l'hémogramme
(même fréquence que pour l'IFN).
ii) Les autres complications sont indiquées dans le tableau
4.
Tableau 4. Ribavirine Effets indésirables
· Pouvoir tératogène
· Hémolyse
· Autres
- Nausées
- Sécheresse cutanée
- Prurit
- Hyperuricémie |
iii) La ribavirine est formellement contre-indiquée chez
la femme enceinte en raison de son pouvoir tératogène.
* Une contraception des 2 partenaires est recommandée pendant
le traitement.
* Elle doit aussi être poursuivie, après l'arrêt
du traitement :
- pendant 4 mois, en cas de traitement chez une femme,
- pendant 7 mois, en cas de traitement chez un homme.
* Une surveillance mensuelle de la Béta-HCG est recommandée.
iv) Une surveillance trimestrielle (comme pour la TSH) de la créatininémie
(la ribavirine a une élimination rénale) et de l'uricémie
est recommandée.
v) Chez les sujets co-infectés par le VIH et traités
par ddI ou d4T, il faut une surveillance particulière :
* clinique (poids, lipodystrophie),
* biologique (hémogramme, transaminases, lipase, CPK).
Toute anomalie faisant craindre une cytopathie mitochondriale (responsable
d'acidose lactique) doit faire doser la lactatémie.
3) QUALITE DE VIE
Les trois points suivants ont été soulignés.
a) Les troubles de l'humeur ou de la libido peuvent faire l'objet
de consultations impliquant les proches.
b) Les réseaux de soins et les associations de malades doivent
jouer un rôle important dans le soutien des patients traités.
d) L'intégration de la mesure de la qualité de vie
dans tous les essais thérapeutiques est recommandée.
Réponse :
Il y a une inexactitude dans la paragraphe 1) Efficacité
du traitement c) Critères virologiques è Tests quantitatifs.
Il est vrai qu'en l'absence de baisse de 2 log de la charge virale
après 12 semaines de traitement, les chances d'éradication
virale prolongée sont très faibles. Mais cela ne veut
pas dire que le traitement doit être arrêté dans
tous les cas. En effet, si l'objectif est un ralentissement de la
progression des lésions (en cas de forte activité
biologique et histologique au cours d'une cirrhose par exemple)
et s'il existe une réponse biochimique (diminution nette
des transaminases), le traitement peut alors être poursuivi.
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